Suite de la 1ère partie: I. Que devons-nous CROIRE pour nous sauver?
II. - Que devons-nous FAIRE pour nous sauver?
Il ne peut suffire à l'homme de connaître la vérité, il doit y conformer sa vie.
La loi fondamentale de la vie chrétienne est la charité, c'est-à-dire l'obligation d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et d'aimer notre prochain, ainsi que nous-mêmes, par amour pour Dieu. L'amour est le grand commandement, dit Notre-Seigneur. Il résume toute la loi, dit saint Paul.
Or, l'amour réel n'est fait ni de paroles, ni de sentiments stériles, il se traduit en actes et en oeuvres: aimer Dieu, c'est soumettre sa volonté à la volonté de Dieu et Le servir.
La volonté divine trouve son expression naturelle dans la conscience, qui apprend à tout homme à discerner entre le bien et le mal, entre le devoir et le péché: aussi l'homme est-il tenu d'obéir à sa conscience.
La Révélation divine et l'Église ont confirmé et précisé les lois d'honnêteté de la conscience et y ont ajouté des prescriptions positives: les unes et les autres sont contenues, en substance, dans les dix commandements de Dieu et les cinq commandements de l'Église, dont nous réciterons ensemble l'énoncé:
LES DIX COMMANDEMENTS DE DIEU.
1. Le vrai Dieu seul adoreras, et serviras fidèlement.
2. Son saint Nom ne profaneras, par blasphème, ni faux serment.
3. Le jour du Seigneur garderas, en servant Dieu dévotement.
4. Tes père et mère honoreras, afin de vivre longuement.
5. Tout homicide éviteras, et scandale pareillement.
6. Actes impurs ne commettras, mais détesteras pleinement.
7. Le bien d'autrui tu ne prendras, ni retiendras injustement.
8. De ton prochain ne médiras, ni mentiras aucunement.
9. Pensée impure tu n'auras, ni désir volontairement.
10. Biens d'autrui ne convoiteras, pour les avoir injustement.
LES CINQ COMMANDEMENTS DE L'ÉGLISE.
1. Dimanches tu sanctifieras, et fêtes de commandement.
2. Ces jours sainte Messe entendras, tout entière et pieusement.
3. Le jeûne prescrit garderas, et l'abstinence également.
4. Tes péchés tu confesseras, a tout le moins, une fois l'an.
5. Dieu, ton Sauveur, tu recevras, au moins à Pâques, dignement.
Impossible d'aimer Dieu, le Bien Souverain et infini, par-dessus toutes choses, sans faire remonter vers Lui l'amour que nous portons à l'humanité considérée, soit en nos frères, soit en nous-mêmes. D'où trois directions dans la pratique de la charité, selon qu'elle s'applique à Dieu en lui-même, à notre prochain, à nous-mêmes.
1° L'union directe de l'âme avec Dieu se fait par les vertus que l'on appelle "théologales"; on les appelle ainsi, parce qu'elles ont Dieu lui-même directement pour objet. Ces vertus sont la Foi, par laquelle nous croyons fermement tout ce que Dieu nous a révélé et que sa sainte Église nous propose à croire; l'Espérance, par laquelle nous avons pleinement confiance dans les promesses divines; la Charité, qui nous attache à Dieu par toutes les puissances de notre âme.
Lorsque, après avoir eu le malheur d'offenser Dieu, l'âme repentante revient à Lui, elle exprime son amour sous la forme d'un regret d'avoir péché et d'une résolution de ne plus pécher à l'avenir. Cette expression de l'amour est formulée dans l'acte de Contrition.
2° La pratique de la fraternité chrétienne se trouve condensée en ces deux adages qui vous sont familiers: Ne point faire à autrui ce que vous ne voudriez pas que l'on vous fît à vous-même. Faire au prochain ce que vous voudriez qu'il vous fît.
3° S'aimer pour soi, c'est l'égoïsme. L'amour raisonnable et chrétien de soi-même commande la lutte contre nos passions mauvaises, qui sont principalement, selon l'apôtre saint Jean (I Joan., II, 16), la sensualité, l'avarice et l'orgueil. Il nous faut combattre sans relâche ces inclinations perverses, si nous voulons assurer en nous le règne de la charité. Soyons tempérants, c'est-à-dire sobres et chastes; aimons à travailler, qui des bras, qui de la tête; soyons généreux de nos biens. Ayons en horreur l'alcoolisme, la luxure, le jeu corrupteur et la dissipation stérile; la fainéantise, l'exploitation rapace du labeur d'autrui. Soyons humbles, soumettant volontiers notre âme à Dieu et ne jalousant pas les succès de nos frères. - L'amour bien entendu de soi-même rejoint ainsi l'amour de Dieu et du prochain.
Outre la loi de la charité imposée à tous et dont les comandements généraux de Dieu et de l'Église sont l'expression, il y a pour tout homme des devoirs spéciaux résultant de la situation particulière dans laquelle il est engagé: on les appelle devoirs d'état.
L'institution sociale primordiale est la famille. Seul, le Mariage confère le droit et l'honneur de perpétuer la vie. Il n'a pas la satisfaction de la passion pour but, mais il est l'union, physique et morale, indissoluble et exclusive, de deux époux qui s'engagent à se soutenir mutuellement pour leur perfectionnement moral et pour être en état de fonder une famille chrétienne. Il leur est interdit, sous peine de péché mortel, de contrecarrer la loi qui, de par la volonté providentielle, préside à la propagation de la vie.
Les époux se doivent fidélité, affection, aide réciproque. L'épouse est soumise à l'autorité de son mari. Elle n'est pas, cependant, sa servante, mais sa compagne.
Les parents doivent aimer leurs enfants et les élever chrétiennement.
Les enfants doivent respecter leurs parents, leur obéir, leur rendre tous les services que réclame la piété filiale.
Entre patrons et ouvriers doivent régner, d'une part, la justice, l'équité, la bonté; d'autre part, le respect, la fidélité, l'application.
Entre l'autorité civile et les citoyens doivent régner, d'une part, la justice et l'amour, ainsi que le respect de la loi de Dieu; d'autre part, la soumission, l'attachement, en un mot, la piété patriotique.
Le clergé doit instruire les fidèles et se dévouer avec zèle à leur salut; les fidèles, de leur côté, doivent à leurs prêtres le respect, l'obéissance et l'affection.
Le bon chrétien est un bon paroissien, c'est-à-dire qu'il s'intéresse activement aux offices, aux oeuvres, aux âmes de la paroisee, tout comme le bon citoyen s'intéresse à l'ordre et à la prospérité de sa commune.
Le bon chrétien sait, en effet, que, par sa paroisse et par son pasteur, il se rattache au diocèse et à son évêque, et, par l'évêque, au Pontife suprême et à la communion des Saints de l'Eglise universelle.
En conclusion de cette seconde partie, récitons ensemble, debout, les actes de Foi, d'Espérance, de Charité et de Contrition.
ACTE DE FOI.
Mon Dieu, je crois fermement tout ce que vous avez révélé et que la sainte Eglise nous propose à croire; parce que vous êtes la suprême et infaillible vérité. Dans cette Foi, je veux vivre et mourir.
ACTE D'ESPÉRANCE.
Mon Dieu, j'espère avec une ferme confiance que vous me donnerez, par les mérites de Jésus-Christ, la vie éternelle et tout ce qui peut m'aider à l'obtenir; parce que vous êtes infiniment bon envers nous, tout-puissant, fidèle dans vos promesses. Dans cette Espérance, je veux vivre et mourir.
ACTE DE CHARITÉ.
Mon Dieu, je vous aime par-dessus toutes choses, de tout mon coeur, de toute mon âme et de toutes mes forces; parce que vous êtes infiniment bon en vous-même et infiniment aimable; j'aime aussi mon prochain comme moi-même pour l'amour de vous. Dans cette Charité, je veux vivre et mourir.
ACTE DE CONTRITION.
Mon Dieu, je me repens de tout mon coeur d'avoir offensé votre souveraine majesté et votre bonté infinie; je déteste tous mes péchés pour l'amour de vous; je me propose fermement de les confesser et de m'en corriger, et j'aimerais mieux mourir que de vous offenser encore.
À suivre:
III. - Les moyens de salut.
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vendredi 17 février 2006
Que devons-nous faire pour nous sauver?
lundi 13 février 2006
Code abrégé de la Vie Chrétienne composé par S. E. de Cardinal Mercier
A lire chaque année en guise de prône, en Janvier et en Juillet
Mes bien chers Frères,
La chose la plus importante de toutes pour chacun de nous, c'est que nous sauvions notre âme.
Nous voudrions bien ne jamais mourir, mais nous mourrons.
Vous mourrez, mes Frères, et nul ne peut vous dire si ce sera dans dix ans ou dans vingt ans, ou si ce sera demain ou même aujourd'hui. La seule chose certaine et dont personne de vous ne doute, c'est qu'un jour viendra où chacun de nous passera du temps à l'éternité.
Qu'adviendra-t-il alors de nous? Serons-nous heureux éternellement ou serons-nous éternellement malheureux?
Devant cette question, toutes les autres questions pâlissent ou s'effacent.
La réponse dépend de vous. Votre avenir éternel est entre vos mains.
Notre divin Sauveur nous en a prévenus: "L'heure sonnera où la voix du Fils de Dieu réveillera tous ceux qui dorment dans nos champs de sépulture. Et les morts se lèveront. Ceux qui auront bien vécu ressusciteront pour une vie glorieuse, mais ceux qui auront mal vécu ressusciteront pour leur éternel châtiment" (S. Joan. v. 28-29)
C'est donc bien le moins, mes Frères, que, de temps à autre, nous nous rappelions CE QUE NOUS AVONS À CROIRE; CE QUE NOUS AVONS À FAIRE POUR SAUVER NOTRE ÂME; QUELS SONT NOS MOYENS DE SALUT.
I. - Que devons-nous croire pour nous sauver?
Nous devons croire toutes les vérités qu'il a plu à Dieu de nous révéler, c'est-à-dire qu'Il a fait connaître au monde par le double moyen de l'Écriture sainte et de la Tradition, et qu'Il a chargé l'Église catholique romaine de proposer à notre foi.
L'Écriture sainte exprime la parole de Dieu, telle qu'elle a été dictée par le Saint-Esprit aux auteurs des Livres saints. Ces livres, selon qu'ils datent d'avant ou d'après Jésus-Christ, s'appellent les Écritures de l'Ancien ou du Nouveau Testament.
Outre les divines Écritures, la Révélation comprend la Tradition. Ce mot signifie transmission, parole transmise. La Tradition est la partie de la parole de Dieu qui, enseignée d'abord de vive voix par Notre-Seigneur Jésus-Christ et par ses Apôtres, est transmise ensuite, dans le sein de l'Église catholique, aux générations chrétiennes qui se succéderont jusqu'à la fin des siècles.
Il n'appartient pas aux simples fidèles de décider quelles sont les vérités révélées par Dieu et quel est le sens de la parole divine.
Notre-Seigneur Jésus-Christ a voulu, par une providence particulière, veiller à la conservation et à l'interprétation du dépôt de la foi tel que le renferment l'Écriture sainte et la Tradition, et, à cet effet, il a institué une société publique, l'Église, investie de la mission de garder et d'enseigner sans erreur la parole révélée.
Les évêques, successeurs des Apôtres, ayant à leur tête Notre Saint-Père le Pape, successeur de Pierre, le prince des Apôtres, forment le corps enseignant de cette société; et les fidèles, incorporés à l'Eglise par le Baptême, sont obligés, sous peine de péché mortel et de damnation éternelle, d'accepter la doctrine chrétienne que le Pape et les évêques leur proposent à croire.
Grâce à cette providence particulière que Dieu promit à son Eglise, la doctrine révélée est une, la même partout, depuis les temps apostoliques; elle est le fondement de la sainteté dans la société chrétienne.
Parcourez le monde, mes Frères, et à l'unité de l'Eglise romaine, à sa catholicité, à son apostolicité, à sa sainteté, vous reconnaîtrez, aujourd'hui comme toujours, que c'est elle qui est la véritable Eglise, fondée par Notre-Seigneur Jésus-Christ et vous ne pourrez de bonne foi la confondre avec les innombrables sectes que l'hérésie et le schisme ont séparées du tronc primitif de la société chrétienne.
Seule l'existence vingt fois séculaire de l'Eglise, malgré les persécutions sanglantes ou astucieuses qu'elle a subies, malgré les hérésies et les schismes qui l'ont déchirée, malgré les souillures de ses enfants et parfois les défaillance de ses chefs, suffirait à prouver la divinité de son origine. Les générations passent; les institutions vieillissent et se transforment; les partis se désagrègent; les sectes s'émiettent; les cités, les royaumes, les empires s'effondrent; les dynasties s'éteignent; les peuples et les races se fusionnent ou disparaissent: seule l'Eglise romaine traverse triomphalement les siècles, toujours au fond identique à elle-même.
Nous nous demandions, au début de cette instruction, ce que nous devons croire. Le Symbole des Apôtres résume les points principaux de notre foi. Récitons-le ensemble, à haute voix, distinctement.
(Ici les fièles se lèvent et, tournés vers la chaire de vérité, font en même temps que le prêtre, avec piété, leur professoin de foi.)
SYMBOLE DES APÔTRES
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre; et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur; qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie; a souffert sous Ponce-Pilate, a été curcifié, est mort et a été enseveli; est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts; est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant; d'où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois aux Saint-Esprit; la sainte Eglise catholique, la communion des saints; la rémission des péchés; la résurrection de la chair; la vie éternelle. Ainsi soit-il.
Lorsqu'une vérité contenue dans le dépôt de la Révélation est définie par l'Eglise au cours des siècles, elle prend le nom de dogme. Celui qui nie un dogme se déclare hérétique.
Ainsi, au siècle dernier, l'Eglise a dogmatiquement défini l'Immaculée-Conception de la sainte Vierge, le 8 décembre 1854, et l'infaillibilité papale, en 1870, au concile du Vatican.
Confessons ces deux dogmes:
Je crois que, par une grâce qui n'a été accordé à aucune autre créature humaine, Dieu a préservé la sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, de la souillure originelle, dès l'instant où elle fut conçue dans le sein de sainte Anne, sa mère: sa conception fut donc immaculée.
Je crois que, lorsque le Pape s'adresse à la sainte Eglise, et, usant de la plénitude de son autorité doctrinale, lui enseigne qu'une vérité est divinement révélée, il ne peut se tromper; en un mot; je crois qu'il est alors infaillible.
Suite voir:
II. - Que devons-nous faire pour nous sauver?
Mes bien chers Frères,
La chose la plus importante de toutes pour chacun de nous, c'est que nous sauvions notre âme.
Nous voudrions bien ne jamais mourir, mais nous mourrons.
Vous mourrez, mes Frères, et nul ne peut vous dire si ce sera dans dix ans ou dans vingt ans, ou si ce sera demain ou même aujourd'hui. La seule chose certaine et dont personne de vous ne doute, c'est qu'un jour viendra où chacun de nous passera du temps à l'éternité.
Qu'adviendra-t-il alors de nous? Serons-nous heureux éternellement ou serons-nous éternellement malheureux?
Devant cette question, toutes les autres questions pâlissent ou s'effacent.
La réponse dépend de vous. Votre avenir éternel est entre vos mains.
Notre divin Sauveur nous en a prévenus: "L'heure sonnera où la voix du Fils de Dieu réveillera tous ceux qui dorment dans nos champs de sépulture. Et les morts se lèveront. Ceux qui auront bien vécu ressusciteront pour une vie glorieuse, mais ceux qui auront mal vécu ressusciteront pour leur éternel châtiment" (S. Joan. v. 28-29)
C'est donc bien le moins, mes Frères, que, de temps à autre, nous nous rappelions CE QUE NOUS AVONS À CROIRE; CE QUE NOUS AVONS À FAIRE POUR SAUVER NOTRE ÂME; QUELS SONT NOS MOYENS DE SALUT.
I. - Que devons-nous croire pour nous sauver?
Nous devons croire toutes les vérités qu'il a plu à Dieu de nous révéler, c'est-à-dire qu'Il a fait connaître au monde par le double moyen de l'Écriture sainte et de la Tradition, et qu'Il a chargé l'Église catholique romaine de proposer à notre foi.
L'Écriture sainte exprime la parole de Dieu, telle qu'elle a été dictée par le Saint-Esprit aux auteurs des Livres saints. Ces livres, selon qu'ils datent d'avant ou d'après Jésus-Christ, s'appellent les Écritures de l'Ancien ou du Nouveau Testament.
Outre les divines Écritures, la Révélation comprend la Tradition. Ce mot signifie transmission, parole transmise. La Tradition est la partie de la parole de Dieu qui, enseignée d'abord de vive voix par Notre-Seigneur Jésus-Christ et par ses Apôtres, est transmise ensuite, dans le sein de l'Église catholique, aux générations chrétiennes qui se succéderont jusqu'à la fin des siècles.
Il n'appartient pas aux simples fidèles de décider quelles sont les vérités révélées par Dieu et quel est le sens de la parole divine.
Notre-Seigneur Jésus-Christ a voulu, par une providence particulière, veiller à la conservation et à l'interprétation du dépôt de la foi tel que le renferment l'Écriture sainte et la Tradition, et, à cet effet, il a institué une société publique, l'Église, investie de la mission de garder et d'enseigner sans erreur la parole révélée.
Les évêques, successeurs des Apôtres, ayant à leur tête Notre Saint-Père le Pape, successeur de Pierre, le prince des Apôtres, forment le corps enseignant de cette société; et les fidèles, incorporés à l'Eglise par le Baptême, sont obligés, sous peine de péché mortel et de damnation éternelle, d'accepter la doctrine chrétienne que le Pape et les évêques leur proposent à croire.
Grâce à cette providence particulière que Dieu promit à son Eglise, la doctrine révélée est une, la même partout, depuis les temps apostoliques; elle est le fondement de la sainteté dans la société chrétienne.
Parcourez le monde, mes Frères, et à l'unité de l'Eglise romaine, à sa catholicité, à son apostolicité, à sa sainteté, vous reconnaîtrez, aujourd'hui comme toujours, que c'est elle qui est la véritable Eglise, fondée par Notre-Seigneur Jésus-Christ et vous ne pourrez de bonne foi la confondre avec les innombrables sectes que l'hérésie et le schisme ont séparées du tronc primitif de la société chrétienne.
Seule l'existence vingt fois séculaire de l'Eglise, malgré les persécutions sanglantes ou astucieuses qu'elle a subies, malgré les hérésies et les schismes qui l'ont déchirée, malgré les souillures de ses enfants et parfois les défaillance de ses chefs, suffirait à prouver la divinité de son origine. Les générations passent; les institutions vieillissent et se transforment; les partis se désagrègent; les sectes s'émiettent; les cités, les royaumes, les empires s'effondrent; les dynasties s'éteignent; les peuples et les races se fusionnent ou disparaissent: seule l'Eglise romaine traverse triomphalement les siècles, toujours au fond identique à elle-même.
Nous nous demandions, au début de cette instruction, ce que nous devons croire. Le Symbole des Apôtres résume les points principaux de notre foi. Récitons-le ensemble, à haute voix, distinctement.
(Ici les fièles se lèvent et, tournés vers la chaire de vérité, font en même temps que le prêtre, avec piété, leur professoin de foi.)
SYMBOLE DES APÔTRES
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre; et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur; qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie; a souffert sous Ponce-Pilate, a été curcifié, est mort et a été enseveli; est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts; est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant; d'où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois aux Saint-Esprit; la sainte Eglise catholique, la communion des saints; la rémission des péchés; la résurrection de la chair; la vie éternelle. Ainsi soit-il.
Lorsqu'une vérité contenue dans le dépôt de la Révélation est définie par l'Eglise au cours des siècles, elle prend le nom de dogme. Celui qui nie un dogme se déclare hérétique.
Ainsi, au siècle dernier, l'Eglise a dogmatiquement défini l'Immaculée-Conception de la sainte Vierge, le 8 décembre 1854, et l'infaillibilité papale, en 1870, au concile du Vatican.
Confessons ces deux dogmes:
Je crois que, par une grâce qui n'a été accordé à aucune autre créature humaine, Dieu a préservé la sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, de la souillure originelle, dès l'instant où elle fut conçue dans le sein de sainte Anne, sa mère: sa conception fut donc immaculée.
Je crois que, lorsque le Pape s'adresse à la sainte Eglise, et, usant de la plénitude de son autorité doctrinale, lui enseigne qu'une vérité est divinement révélée, il ne peut se tromper; en un mot; je crois qu'il est alors infaillible.
Suite voir:
II. - Que devons-nous faire pour nous sauver?
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